17/08/2004

Tennis - «Comme une renaissance» (15/08/2004)

Tennis - «Comme une renaissance» (15/08/2004)
© AP
Justine Henin-Hardenne effectue cet après-midi(16h) son grand retourà la compétition

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ENVOYÉ SPÉCIAL EN GRÈCE DAVID LEHAIRE

ATHÈNES Un T-shirt aux couleurs nationales sur le dos, les lunettes de soleil posées sur la tête, c'est une Justine Henin-Hardenne décontractée qui s'est confiée ce samedi midi. «Je suis très contente d'être de retour après avoir vécu des moments très durs» furent ces premiers mots.

Dix semaines après son élimination à Roland-Garros, le n°1 mondial se dit physiquement et mentalement prête à renouer avec la compétition. «Je suis de nouveau en mesure de repousser mes limites à l'entraînement. C'est bon signe. Cette maladie est derrière moi désormais et, comme on ne l'attrape qu'une seule fois paraît-il, je vois enfin le bout du tunnel.»

Ce cytomégalovirus aura finalement pourri la vie de la Rochefortoise durant quelque quatre mois. «Mais je n'aurai arrêté totalement le tennis que pendant les trois semaines qui ont suivi le tournoi de Charleston.» Après quoi, Henin manquera complètement son retour sur la terre parisienne. «À l'époque, je pensais sincèrement que j'étais bien. Avec du recul, je me suis rendue compte que ce n'était pas du tout le cas.»

Boule de nerfs, Justine aura trouvé le temps long. «Une maladie comme celle-là est pire qu'une blessure parce qu'elle m'a laissée sans énergie. A une période, je n'avais plus d'envie parce que je manquais de force. Je ne savais pas quand tout cela allait s'arrêter. Et puis, du jour au lendemain, je me suis sentie mieux, j'ai eu moins de coups de fatigue. J'ai alors pu repartir de l'avant...» Et revenir sur le devant de la scène en ayant conservé sa place au sommet du tennis mondial. «Je ne m'y attendais pas et j'en suis heureuse. Cela dit, l'important pour moi actuellement n'est pas tellement de gagner ou de perdre mais de jouer pour retrouver mon niveau. Les mois qui viennent me serviront à préparer la saison 2005. De toute façon, je ne regarde pas le classement pour l'instant.»


Son attention, elle se veut claire, se porte uniquement sur Strycova, la Tchèque qu'elle affrontera aujourd'hui à 16h (heures belges). «C'est une jeune joueuse talentueuse qui, comme toutes les filles de l'Est, est très accrocheuse. Je l'ai déjà battue cette année à Indian Wells mais je me méfie. Je vous le répète: je pars un peu dans l'inconnu.» Gageons que la Famennoise usera habilement de son expérience pour entrer sans heurts dans les débats. «Le plus difficile pour moi sera de gérer mes émotions. Je manque de points de repère à ce niveau. Je sais que je serai nerveuse. C'est logique quand on revient d'une longue absence. Mais cela ne me fait pas peur. C'est un peu comme une renaissance pour moi.»

Une seconde naissance qu'elle entame dans des conditions plutôt idéales. «Je suis honorée de représenter mon pays aux J.O. Je me demandais ce que signifiait un pareil événement. Maintenant, je sais qu'il offre quelque chose d'unique: le contact avec les autres. Celui qui en revient avec une médaille autour du cou doit voir cela encore différemment. J'espère connaître pareille joie un jour.»

Celle de renouer avec sa passion vaut tous les sacrifices, comme celui de ne pas prendre part à la cérémonie d'ouverture. «Il était préférable que je n'y assiste pas. Je tenais à mettre tous les atouts de mon côté avant mon match.» Une rencontre qu'elle aborde avec le statut de favorite mais qu'elle relativise: «Je ne peux pas dire que je fais partie des favorites. Vous n'entendrez jamais les meilleurs dans leur discipline dire qu'ils sont favoris et qu'ils voient déjà deux tours plus loin dans le tournoi.»

La sagesse de Justine a parlé. Reste à espérer que ses atouts tennistiques s'expriment également.

D. L.

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10:35 Écrit par Caro | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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