10/08/2004

Justine s'envole...

Tennis - Justine Henin-Hardenne: «Une expérience unique» (10/08/2004)
© Photonews
La meilleure tenniswoman du monde a pris l'avion, hier, pour Athènes

ZAVENTEM Lundi matin, aéroport de Bruxelles-National. Peu avant huit heures trente. Robert Van de Walle, le chef de la délégation belge, arrive au lieu de rendez-vous fixé par ce premier convoi à destination d'Athènes. Il reste deux heures avant d'embarquer à bord du vol de Hellas Jet. Accompagné par Ann Simons, Bob Maesen est blotti dans son coin. L'ivresse d'une médaille olympique, il sait ce que c'est depuis que sa judoka de femme est montée sur le podium à Sydney. Il attend patiemment l'arrivée de Wouter D'Haene, avec lequel il aspire à décrocher une médaille. Petra Santy transmet, elle, sa bonne humeur.

A côté de ces trois kayakistes, quelques accompagnants venus en droite ligne du COIB. Mais aussi Min Dezillie, l'une de nos représentantes à la voile. Elle est discrète, elle aussi. Comme si l'honneur des projecteurs était réservé au seul n°1 mondial du jour. Daisy De Bock étreint son ami dans ses bras. Celle qui prendra part, dès samedi matin, au concours de tir à la carabine ne lâche pas facilement la main de celui qu'elle aime.

Disciplinés, les uns et les autres sont groupés. L'occasion d'apprendre que tous les athlètes belges ont reçu un GSM estampillé Jeux Olympiques. Que chacun d'entre eux a droit à trente kilos de bagages. Pas davantage. Et que tous ont le loisir de porter l'un des deux uniformes que leur a offerts le COIB.

Vingt minutes ont passé depuis que Robert Van de Walle est arrivé. Et voilà que Justine Henin-Hardenne, celle que tous les journalistes attendent, débarque. Pierre- Yves est à ses côtés. «Mais je ne vais pas à Athènes, dit-il. Sauf si Justine atteint les quarts de finale, paraît-il.

«Une grosse inconnue»

Souriante, les cheveux lâchés, la Rochefortoise accepte sans rien dire le jeu des photos. Tout profit pour la kyrielle de têtes blondes qui n'ont d'yeux que pour la gagnante de trois levées du Grand Chelem. Après un regard complice vers son mentor, Carlos Rodriguez, elle lance: «Oui, je suis heureuse. Je suis contente de pouvoir prendre part à ces Jeux Olympiques. Il s'agit d'une expérience unique dans une vie. Combien de sportifs ne participeront jamais aux Jeux? Je vais essayer de profiter un maximum de cet événement. Je me réjouis d'ores et déjà à l'idée de croiser plein de monde au sein du Village olympique. Participer aux Jeux Olympiques à 22 ans, c'est simplement génial!»

Reste à savoir dans quel état physique se trouve aujourd'hui notre n°1 mondial. «Je me sens bien, lance-t-elle laconiquement. «Il est évident que ces Jeux Olympiques constituent une grosse inconnue pour moi. Je n'ai plus joué de matches depuis douze semaines. Il est certain qu'il me faudra deux, trois rencontres avant de retrouver quelques sensations. Je me ferai violence pour donner le meilleur de moi-même.»

«L'expérience de Roland-Garros»

Elle l'affirme sans détour: Justine ne nourrira pas de regret à l'issue de ces Jeux, quel qu'en soit le résultat. «Au sortir de Roland-Garros (dont elle fut malheureusement éliminée, au deuxième tour, par l'Italienne Garbin), je regrettais d'y avoir pris part. Avec du recul, par contre, je me suis dit que ce n'est pas si mauvais. Car cette expérience m'a de constater à quel niveau je me situais.»

Au moment de passer au check- in, Pierre-Yves cherche l'embrassade avec sa femme. Qui, il l'espère, restera le plus longtemps possible à Athènes. Hier, ils étaient donc six à prendre leur envol pour la destination de leurs rêves. Demain, c'est un autre convoi, de onze athlètes cette fois (parmi lesquels les cyclistes emmenés par Peter Van Petegem), qui s'envolera pour la Grèce. Où, après la cérémonie d'ouverture, les compétitions débuteront samedi.

David Lehaire

© Les Sports 2004
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