16/04/2004

Rumeur de mononucléose (reste à confirmer!!)

15 avril 2004

 
AP 
Justine Henin déclare forfait à Charleston et revient au pays pour y passer des examens médicaux. Si la mononucléose se confirme, sa participation à Roland-Garros serait compromise.

PAOLO LEONARDI

La situation n'est peut-être pas grave, mais elle est tout de même fort préoccupante. Ainsi pourrait-on résumer d'une phrase le forfait, intervenu dans la nuit de mardi à mercredi, de Justine Henin au tournoi de Charleston. Victime d'une sévère hypoglycémie, l'ex-Rochefortoise a été contrainte de jeter l'éponge dans l'épreuve de Caroline du Sud où elle s'était imposée l'an dernier. Alors que le taux de glucose doit normalement s'élever entre 60 et 100, il était chez Justine de 39 à peine !, expose, la bouche encore pâteuse après une nuit que l'on devine agitée, Carlos Rodriguez.

Mais là ne s'arrêtent pas les préoccupations de l'entraîneur. Car, outre ce taux de glucose qui pique du nez, les prises de sang effectuées sur Henin révèlent également la probabilité d'une... mononucléose. Or, si la « maladie du baiser » comme on l'appelle plus communément (elle est transmissible par la salive) devait être décelée de manière irrévocable à la suite d'examens ultérieurs qui seront effectués fin de semaine en Belgique, ce n'est ni plus ni moins que la participation de la no 1 mondiale à Roland Garros qui serait à remettre en question. Les signes d'une mononucléose existent en effet, admet Rodriguez. Mais il faut savoir à ce sujet qu'en 1998 déjà (NDLR : année noire où Henin avait souffert d'un virus jamais vraiment identifié), l'oncle médecin de Justine avait déjà décelé des traces de mononucléose dans ses analyses. Or, si un autre test est effectué, même plusieurs années plus tard, les mêmes signes peuvent réapparaître. Pour simplifier, disons qu'à l'heure actuelle des symptômes existent pour affirmer que la mononucléose est une probabilité parmi d'autres...

On imagine l'inquiétude qui habite actuellement celle qui survole depuis plusieurs mois le tennis féminin. Les premiers signes d'une fatigue anormale sont apparus à Tampa, explique de son côté Henin. Après quelques jours sur place, je me suis rendu compte que je dormais beaucoup. Ce n'était pas normal parce que j'avais quitté le tournoi d'Indian Wells pas plus éprouvée physiquement que cela. Ce fut même l'un des tournois où j'ai passé le moins de temps sur les courts, et je n'avais disputé que deux matchs sous une forte canicule (NDLR : dont la finale face à Davenport).

De l'aveu même de son coach, le régime qu'elle subit à Tampa sous les ordres de son préparateur physique Pat Etcheberry ne ressembla en rien à celui d'un forçat. Au contraire. Il fut même très léger, mais terriblement spécifique pour la préparer à la terre battue, dit-il. Elle a fait plus de courses que la normale, avec beaucoup de glissades notamment, mais très peu de power training. Quant au tennis pur, elle a joué en moyenne 1 h 10 mn par jour, pas plus, et encore sous des températures plutôt fraîches pour la saison. Il y eut même deux jours de farniente total. Le problème n'est pas à rechercher du côté de Saddlebrook ni même du côté d'Indian Wells. Le problème est justement... qu'on ne sait pas d'où il vient !

Toujours est-il que, lorsqu'elle arriva à Amelia Island la semaine dernière, Henin ne tarda pas à se rendre compte que quelque chose ne tournait pas rond. Après un long échange, j'étais fatiguée, expose la joueuse. Lors de mon premier match, il n'y avait rien dans mes balles ! Et face à Martinez (où elle passa à deux points de la défaite), ce fut la catastrophe avec, par exemple, à un moment de la rencontre, 4 points pris sur... 5 jeux ! L'envie y était, mais le physique ne suivait pas. Carlos m'a alors demandé si je voulais déclarer forfait, et nous avons convenu d'attendre encore un match. Contre Zvonareva (victoire par 6-4, 6-3), j'ai fait un match complet. Je me suis alors dit : « Je retrouve la pêche »...

Mais si le fruit était dur à l'extérieur, il était bel et bien pourri à l'intérieur. Conséquence : il tomba de l'arbre en demi-finales contre Amélie Mauresmo, pourtant vainqueur (en trois sets) d'un match d'une grande qualité. Après le premier set, j'étais cuite !, révèle ainsi Henin. Faire avancer ma balle était un calvaire, et, là, je me suis vraiment rendu compte que quelque chose d'anormal était en train de se passer...

C'est à son arrivée à Charleston, dimanche, que la joueuse décida de se soumettre à une prise de sang, la première depuis celle effectuée quelques jours avant Indian Wells et qui n'avait rien détecté d'anormal. Le lundi, nous avons travaillé une heure, et Justine était en hypoglycémie, insiste Carlos Rodriguez. Elle n'avait plus ni force ni jus, comme si elle était victime d'un gros coup de fringale.

Quid de l'avenir immédiat ? Henin naviguera en eaux troubles jusqu'au week-end lorsqu'elle ira consulter le docteur Jandrin à Verviers, un endocrinologue qui fait partie de son staff médical.

Une chose est toutefois sûre : le programme de la no 1 mondiale se voit perturbé. Pour l'instant, on ne va nulle part et on attend de savoir ce qui cloche, conclut Rodriguez. Justine désespère un peu en ce moment parce qu'elle a conscience d'être vraiment au-dessus du lot pour l'instant. Elle sait qu'elle a la mainmise sur le circuit. Face à Davenport en finale à Indian Wells, elle a dominé l'Américaine comme jamais auparavant alors que c'est la joueuse en forme du moment. Ce coup d'arrêt tombe vraiment à un très mauvais moment, et, s'il se prolonge, on ne sait jamais quelle répercussion il peut avoir sur la confiance. J'ai vu Serena et même Venus (Williams) à l'œuvre et je peux vous assurer que leur niveau est faible. Quant au match contre Mauresmo, Justine ne s'est malheureusement pas inclinée à la régulière. Elle a par exemple perdu 9 points d'affilée dans cette rencontre, ce qui est complètement inhabituel chez elle !

En attendant les résultats des analyses, il faudra donc prendre son mal en patience. Dernière précision : si Henin souffre d'une mononucléose, elle devra observer au minimum trois semaines de repos complet. Elle pourrait reprendre l'entraînement à Berlin (tournoi qu'elle ne disputerait bien sûr pas). Si le repos prescrit devait s'étendre à 4 ou 5 semaines, Henin reprendrait le turbin une semaine seulement avant Roland Garros.

Autant oublier tout de suite la porte d'Auteuil.•

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11:19 Écrit par Caro | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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