10/03/2004

Henin et Clisjters têtes d'affiche d'un petit grand chelem

Henin et Clijsters têtes d’affiche d’un « petit Grand Chelem »

10 mars 2004

 
A Indian Wells, en 2001, Clijsters avait remporté le premier duel professionnel avec Henin. Photo AFP.  

PAOLO LEONARDI

Lorsqu’on épouse la carrière d’entraîneur d’une joueuse de tennis de haut niveau, mieux vaut manier les chiffres avec dextérité. Ainsi, lorsqu’on lui demande de s’exprimer sur la forme de Justine Henin à la veille de l’important tournoi d’Indian Wells, Carlos Rodriguez en donne d’emblée quelques-uns. Sur ses cinq premiers tournois de l’année 2003, Justine avait empoché 1.120 points, dit-il ainsi. Cette année, et alors qu’elle n’en a disputé que quatre (NDLR : Sydney, Open d’Australie, Dubaï et Doha), elle a déjà dépassé les 1.650 points !

Et l’homme de poursuivre, souvenirs à l’appui : Si elle parvient en demi-finale à Indian Wells, elle aura effectué une année calendrier complète sans jamais descendre en dessous de ce stade. Cela prouverait sa régularité. Son dernier quart de finale remonte à Miami en mars 2003 !

Pas besoin d’un dessin : le coach est satisfait des performances de son élève. Et la défaite à Doha face à Kuznetsova n’y change rien. Justine a été victime d’une grosse décompression après Dubaï, note le Belgo-Argentin. Je lui ai accordé une journée « off » le dimanche mais ça l’a fait sortir du tournoi suivant.

Véritable formule 1 du tennis féminin, Henin accorde une importance presque maladive à chacun des détails qui touchent son jeu, sa préparation, sa nutrition, ses voyages, ses temps de repos et bien d’autres choses encore. Aussi, quand il a été décidé in extremis d’ajouter Doha à son programme, la belle mécanique s’est enrayée et est sortie de piste.

Si c’était à refaire, nous n’accepterions plus de changer notre programme, révèle Rodriguez. Je fais mon mea culpa parce que je pensais que Doha permettrait à Justine de rester sous pression avant Indian Wells. Pour qu’elle reste au chaud après sa bronchite, nous aurions tout aussi bien pu rester dans la région pour seulement nous entraîner. La défaite contre Kuznetsova n’a rien à voir avec cette réflexion parce que les joueuses invincibles, ça n’a jamais existé. Justine devait perdre un jour. Et puis, je préfère lui remonter les bretelles à Doha plutôt qu’à Indian Wells ou, plus tard, à Roland Garros. L’avantage est qu’elle sera maintenant sur ses gardes.

Le mois de mars n’a jamais été très faste pour Henin. A Indian Wells, notamment, elle fut absente l’an dernier et écartée par Clijsters au troisième tour en 2001 et par Hantuchova en huitième en 2002. Autant d’échecs qui sont restés gravés dans la mémoire de l’entraîneur. Contre Clijsters, Justine avait le match en main. Elle mène 6-1 et a une balle de 5-4 sur le service adverse. Par la faute d’une erreur d’arbitrage grossière, la rencontre finira par tourner. Face à Hantuchova, par contre, Justine était tétanisée et inexistante ! Elle faisait peine à voir parce qu’elle n’arrivait pas à sortir ses coups. C’était la période de sa carrière où elle respectait trop les joueuses du top !

Ce ne sera plus le cas cette fois. Vainqueur qui plus est à Charleston, San Diego et à l’US Open new-yorkais, la Namuroise abordera avec davantage de confiance son nouveau périple aux Etats-Unis, une région du monde qui lui a longtemps inspiré de la crainte. Indian Wells sera à ce sujet un test important, poursuit Carlos Rodriguez. C’est le seul tournoi où elle doit encore s’exprimer librement. Pat Etcheberry sera présent et lui donnera confiance.

Dotée de 2,1 millions de dollars de prize-money (332.000 pour la vainqueur), l’épreuve californienne présente un tableau de 96 joueuses et se dispute sur dix jours. Une épreuve masculine est organisée conjointement.

La gagnante devra disputer six rencontres (une de moins qu’en Grand Chelem), comme à Miami qui démarre dans la foulée d’Indian Wells et où Henin n’ira pas afin de mieux préparer la saison sur terre battue. Le tournoi de Miami est plus important mais Indian Wells est plus beau et mieux organisé, conclut Rodriguez qui y a ses habitudes. C’est un « petit Grand Chelem ». Il fait moins humide et il y a un peu moins de vent qu’en Floride. Surtout, le tournoi est davantage fréquenté par les gens du tennis. A Miami, ça grouille de monde qui vient se montrer !

Kim Clijsters et Els Callens seront les deux autres Belges engagées chez les filles. Tenante du titre et en grande forme (elle n’a perdu qu’une fois en quinze rencontres en 2004), la Limbourgeoise avait défait en finale Lindsay Davenport… qu’elle pourrait retrouver cette année en demi-finale. Notons que personne n’a plus jamais réussi à reconduire son titre à Indian Wells depuis Navratilova en 1990-1991.

Quant à Henin, elle a dans sa partie de tableau cinq filles à surveiller de très près : Magdalena Maleeva, Chanda Rubin, Anastasia Myskina, Maria Sharapova et… Svetlana Kuznetsova. Rappelons que les sœurs Williams, Mauresmo et Capriati brilleront par leur absence.•

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12:49 Écrit par Caro | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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