03/03/2004

"Qui peut battre Justine Henin?" www.sporever.be

Qui peut battre Justine Henin ?

02 mars 2004

 
Quand elle n’est pas sur le court, Venus aime se faire courtiser dans les gradins. Sans doute pas le meilleur moyen pour retrouver la forme… Photo EPA.  
La meilleure joueuse du moment paraît imbattable en ce début de saison 2004. La « faute » avant tout à sa technique et à son excellente condition physique.

PAOLO LEONARDI

A l’heure où Justine Henin a remporté à Dubaï le 17e titre de sa carrière, le 3e cette année, et sa 14e victoire consécutive en 2004 (à laquelle il faut ajouter un succès sans jouer contre Davenport à Sydney), à l’heure encore où elle a profité de sa performance en terre arabe pour creuser son avance au classement mondial (qui s’élève depuis lundi à 551 points sur Clijsters), à l’heure enfin où elle remportera mercredi (ou jeudi) sa 300e victoire professionnelle, il est une question qu’il convient de poser : qui peut battre la nº1 mondiale ?

Même les plus indécrottables pessimistes doivent se rendre à l’évidence : les filles susceptibles de la faire vaciller ne sont pas nombreuses. Voilà plus d’un an, à présent, que Henin savoure le goût des victoires. En 2003, elles ne furent que huit joueuses à la battre. Et parmi les 11 défaites subies (dont une sur abandon en finale à Rosmalen contre Clijsters) sur toute la saison (pour 75 victoires), Henin perdit trois fois contre Clijsters.

Sur ses 11 défaites, 4 peuvent être considérées comme des réelles surprises et ont toutes une « explication », sans que cela enlève quoi que ce soit au mérite de ses vainqueurs.

Il y eut tout d’abord la victoire de Chanda Rubin en quart de finale à Miami. On sait que Henin n’aime pas se produire dans cette partie de la Floride balayée par un vent capricieux. De plus, le tournoi tombe à un très mauvais moment pour elle pour des raisons d’ordre privé.

Sa défaite face à Elena Dementieva en demi-finale à Amelia Island intervint quant à elle quelques jours après sa victoire à Charleston où elle avait battu Serena Williams. Sollicitée de toutes parts après ce succès qui fit le tour du monde, l’ex-Rochefortoise avait perdu sa concentration dans un tournoi qui lui était promis.

Lorsqu’elle s’inclina en finale à Leipzig face à Anastasia Myskina, Henin était encore sous le coup de sa victoire à l’US Open qui lui avait pompé beaucoup d’énergie. Son retour sur le devant de la scène fut raté et… confirmé, une semaine plus tard, par la finale à Filderstadt où elle pensa trop à la première place mondiale qu’elle pouvait atteindre en cas de victoire.

Enfin, sa glissade face à Ai Sugiyama en poule au Masters s’expliqua par deux facteurs : elle était déjà qualifiée pour les demi-finales et elle était assurée de terminer la saison comme nº1 mondiale. La tête était dans les étoiles plutôt que sur le court du Staples Center de Los Angeles.

Depuis le premier janvier 2004, Henin « attend » toujours sa première désillusion. Personne n’imagine qu’elle peut perdre cette semaine à Doha, étape qui fut ajoutée à son calendrier pour avoir quelques matchs de plus dans les jambes (après son forfait à Anvers) et… pour sauver le tournoi du marasme après les forfaits conjugués de Serena Williams et d’Amélie Mauresmo.

La première étant grippée (mais surtout à cours de compétition depuis juillet 2003) et la seconde souffrant toujours du dos, nous affirmerons que seule une joueuse peut battre actuellement Henin : Clijsters… à condition que le match se joue en indoor. Ni Capriati, qu’elle retrouvera peut-être sur sa route à Doha, ni Venus Williams, que l’on a vue souriante dans les gradins mais grimaçante sur les courts de Dubaï, ne peuvent l’inquiéter pour l’instant.

Le discours changerait si Serena et Mauresmo revenaient en forme ou si Davenport se mettait à faire reparler la poudre. Mais elles semblent tellement mal en point qu’il leur faudra du temps pour titiller la joueuse à battre.

Bien sûr, Myskina, Kuznetsova, Rubin, Schnyder ou Sharapova sont des joueuses capables de créer la surprise mais elles doivent toutes jouer à la perfection et espérer en même temps un « coup de mou » de leur rivale pour arriver à leurs fins.

La forme actuelle de Clijsters vaudra le détour à Indian Wells, le prochain tournoi de la Limbourgeoise. A condition que celle-ci ne ressente pas dans le désert californien ses trois semaines sans compétition depuis son succès à Anvers.

Et Serena Williams, nous direz-vous ? Le problème avec elle est qu’on a tellement annoncé son retour depuis Wimbledon que de plus en plus de monde commence à croire qu’elle ne reviendra plus jamais.

Avec elle, le tennis féminin recevrait pourtant un joli petit coup de pied au postérieur. Et les gens seraient moins nombreux à trouver les victoires de Henin (et de Clijsters) « logiques ».•



09:56 Écrit par Caro | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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